Chapitre 5 : Accident de Parcours (Partie I)

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Chapitre 5 : Accident de Parcours (Partie I)

Dans la maison familiale des Jauregui, Roberto avait déjà élu domicile ... Il dormait chez Silvia depuis plus d'une petite semaine maintenant et il avait pensé qu'en emménageant chez elle, il la verrait un peu plus, mais lorsqu'il se réveillait, Silvia était déjà dans la salle de danse à retravailler, encore et toujours, les mêmes techniques qu'elle connaissait maintenant sur le bout des doigts ... Mais cela ne lui suffisait pas, il fallait encore qu'elle bosse dessus pour ne pas perdre tout ce qu'elle avait mis des années à acquérir et qu'il ne fallait pas qu'elle perde en l'espace de deux mois juste avant de rentrer au Conservatoire Royal de Madrid.
Un matin, Roberto se décida à contrarier les plans de sa belle : en effet, il en avait assez de la croiser seulement à l'heure du déjeuner lorsqu'elle venait dans la cuisine pour retirer juste une pomme du réfrigérateur avant de la dévorer en moins de deux et de retourner à sa préoccupation principale de ces derniers jours !
C'est alors que Roberto, après avoir tout de même laissé Silvia affiner son jeu de jambes, il alla la rejoindre dans la salle de danse ... Il la regarda quelques instants, le temps que la fin de la chanson sur laquelle elle dansait se termine ... Lorsqu'elle eut finit, Roberto applaudit pour montrer son enthousiasme mais Silvia avait été tellement concentrée sur ce qu'elle répétée qu'elle ne s'était pas rendue compte de sa présence ... Elle était vexée : elle savait bien pourquoi Roberto était là, mais elle n'avait pas de temps à lui consacrer ... Elle en était navrée ...
- Tu ne penses pas que tu devrais te reposer un peu ? s'inquiéta Roberto.
- Je n'ai pas le temps ! grogna Silvia en reprenant le dernier pas qu'elle venait de faire, ne le jugeant pas assez satisfaisant.
- Tu travaillerais mieux si tu t'accordais un peu plus de repos ! ajouta-t-il en pensant bien faire.
- Tu le fais exprès ? s'énerva-t-elle. Je t'ai déjà dit que je n'avais pas le temps de me reposer ni de faire autre chose d'ailleurs !
Bien sûr, Roberto aurait pu s'emporter et envoyer balader celle qu'il aimait, mais il opta pour une autre solution : il resta calme et tenta de raisonner Silvia qui, en primant la danse et sa future carrière, maltraitait son corps ...
- Si tu continues comme ça tu seras peut-être au top quand tu rentreras au Conservatoire, mais tu ne tiendras pas bien longtemps ! dit Roberto.
- Ecoute Roberto, ajouta Silvia dont les nerfs n'allaient pas tarder à lâcher. Ton domaine c'est le cinéma et le théâtre, pas la danse ... Tu ne t'y connais pas alors mieux vaut ne pas comme ci c'était ton point fort !
Même s'il s'était juré de ne pas s'énerver, la dernière phrase qu'avait prononcé Silvia lui hérissa le poil : s'en était trop ... Qu'elle soit sur les dents, il le comprenait mais qu'elle soit désagréable à ce point, il ne le supportait pas ... Il ne la laissa pas le congédier puisqu'il pris les devants :
- Ok ! J'ai compris ! Je me casse, lança-t-il furieux.
Silvia le regarda partir ... Elle savait bien que tout cela finirai comme ça :
- Je t'avais prévenu, reprit-elle bien énervée. Je dois être au point pour dans deux mois ! Tu m'excuseras mais je rentre dans l'un des Conservatoires le plus prestigieux du monde, j'ai pas le temps de me bécoter avec toi sur un banc public toute la journée !
Roberto ne prit même pas la peine d'entendre la fin de ce Silvia avait à lui dire, il claqua rageusement la porte avant de regagner son logement « officiel », celui qu'il partageait désormais avec Lola et Nacho.
Silvia, quant à elle, n'essaya pas de le retenir : elle avait beaucoup trop de travail pour se permettre de perdre inutilement du temps ... Mais s'excuser de son comportement envers Roberto était-ce vraiment une perte de temps ?
Elle était consciente d'avoir été odieuse et d'avoir joué les jeunes filles capricieuses, mais elle avait voulu faire comprendre à son homme que bientôt elle n'aurait plus une minute à lui accorder tellement ce qu'elle allait faire l'année prochaine occuperait tout son temps ...
En attendant de réfléchir un peu plus sur la façon dont elle avait agit, Silvia remit la cinquième de Beethoven et se laissa porter au rythme de la musique !

De son côté, Pedro émergea d'une courte nuit de sommeil : il avait fait la fête quasiment toute la nuit dernière ... Depuis près d'une semaine, le jeune homme se rendait à toutes les soirées « très branchées » de la capitale du cinéma pour voir s'il ne rencontrerai pas à nouveau la charmante personne qui occupait totalement son esprit ... En effet, il n'arrivait pas à la chasser de sa tête, et il ne pouvait s'empêcher de se demander si la jeune femme qu'il avait vu n'était rien d'autre qu'une hallucination du à une trop importante dose d'alcool dans le sang ... Plus les nuits de folies à faire la « bringue » passaient, plus Pedro désespérait de revoir un jour cette personne ...
Mais il devait se changer les idées : cette histoire l'obnubilait tellement qu'il avait du mal à trouver le sommeil ! Il se décida alors, après une semaine sans nouvelles, à appeler Lola ... Il se souvint qu'elle lui avait téléphoné la semaine précédente, le soir même où il avait cru voir cette mystérieuse jeune femme, il avait tellement été troublé de ne pas l'avoir retrouvée après qu'il avait quasiment envoyé promener son amie de l'école Carmen Arranz : il s'en voulait mais il n'allait pas tarder à réparer cette erreur ! Il tira son portable de sa poche, chercha le nom de « Lola » dans le répertoire puis enfonça la touche « appeler » avant de porter le téléphone à son oreille ... Il y eut quelques interminables bruits de sonneries pendant lesquelles Pedro se demanda si c'était la bonne heure pour appeler où s'il n'allait pas la déranger mais la tension se relâcha lorsque quelqu'un finit enfin par décrocher !
- Allô, répondit une voix typiquement masculine
- Nacho ? demanda Pedro.
- Tu ne me reconnais même pas l'asticot ? dit Roberto vexé que son ami ne l'ai pas identifié.
- Roberto ! s'enjoua alors l'acteur hollywoodien qui avait eu peur de déranger Lola et Nacho en plein câlin.
- Je préfère ça, ajouta-t-il un peu détaché de la conversation.
- Ca n'a pas l'air d'aller, dit-moi ?
- Oh, rien de très intéressant : c'est toujours la même histoire entre Silvia et moi !
- Elle ne veut toujours pas de toi ? s'interrogea Pedro.
- C'est compliqué, désespéra son interlocuteur. Elle a été admise au Conservatoire Royal de Madrid et elle n'a pas une minute pour moi !
- Tu rigoles ?
- Même pas ...
- Ne t'en fait pas, laisse lui un peu le temps de s'organiser ! C'est pas rien ce Conservatoire de Madrid, tu sais ?
- Mais bien sûr que je le sais, s'énerva Roberto. Je ne lui demande pas grand chose : juste quelques heures par jour c'est quand même pas la mort !
- Ca ne va servir à rien de t'énerver comme ça, répondit Pedro assez posément. Laisse-la prendre son temps ...
Roberto se calma et prit un air plutôt nostalgique :
- Je ne sais pas si un jour on arrivera, tous les deux, à faire face ? On trouve toujours le moyen de se disputer pour des broutilles !
- Vous n'avez pas les mêmes centres d'intérêts ! C'est normal que ça clache à un moment où à un autre : pour toi, le Conservatoire c'est pas important, mais pour elle, c'est toute sa vie ...
- Mais je le sais ça ! ajouta violemment Roberto qui ne voulait pas passer pour un égoïste.
- C'est comme si on te proposais un gros contrat au cinéma et que Silvia te demande de rester avec elle plutôt que d'aller tourner ce film !
- T'exagères là, vieux !
- Mets-toi un peu à sa place, Roberto !
- Ouais, acquiesça le jeune hispanique peu convaincu par ce que lui disait son ami.
- Réfléchis-y ...
- Au fait, tu voulais parler à Lola ? demanda Roberto réalisant qu'il conversait avec son ami depuis le portable de Lola.
- Euh ... Oui, mais si elle est occupée, c'est pas grave je rappellerai plus tard !
Roberto n'attendit pas la fin de ce que Pedro avait à lui dire pour crier : « Lola ... Pedro au téléphone ! »
Il ne fallut pas moins de quelques secondes pour que la jeune femme déboule dans le salon, arrachant le téléphone des mains de son colocataire.
- Pedro ! s'enthousiasma Lola.
- C'est moi, répondit-il, gêné.
- Tu vas bien ?
- Un peu fatigué, mais ça va !
- Tant mieux, lui dit la jeune femme.
- Je n'ai pas pu t'appeler plus tôt, je suis désolé !
- C'est pas grave ne t'en fait pas ...
- Tu voulais quelque chose ? demanda le jeune homme, se souvenant que son interlocutrice l'avait, la dernière fois, appelé à une heure tardive.
- C'est à dire que ... J'avais envie de te voir, confia la belle brune.
- Malheureusement, on est pas en avance sur le tournage du film, je vais pas pouvoir venir à Madrid de si tôt !
- Oui, justement, j'avais pensé que peut-être j'aurai pu venir te rendre visite là-bas, à Los Angeles.
Pedro suspecta l'étrange attitude de son amie ... Que lui voulait-elle ? Elle n'était pas du genre à gaspiller son argent pour un billet d'avion simplement pour rendre visite à quelqu'un : elle avait quelque chose derrière la tête, et il ne savait quoi ... Cependant, il était bien décidé à le savoir ...
- Si tu veux ! s'enjoua alors Pedro.
- Merci c'est gentil !
La jeune femme lui promit de le rappeler d'ici peu, à une heure décente cette fois-ci, pour l'informer de son arrivée sur le sol américain juste avant de raccrocher ... Lola était folle de joie : elle allait enfin pouvoir dire tout ce qu'elle avait sur le c½ur à celui qu'elle n'avait jamais cessé d'aimer depuis le premier joue où elle l'avait rencontré ... En attendant, elle devait trouver rapidement un vol pour la capitale du monde cinématographique, c'est alors qu'elle enfila une petite veste et qu'elle se rendit dans l'agence de voyage la plus proche ...
Roberto fut surpris de cette si soudaine humeur rayonnante, il ne pu s'empêcher de se poser des questions :
- Qu'est-ce qu'elle a ? demanda-t-il à Nacho
- Oh je t'expliquerai plus tard, lui répondit le jeune homme en proie à sa série télévisée favorite.



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# Posté le samedi 09 septembre 2006 08:35

Chapitre 5 : Accident de Parcours (Partie II)

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Chapitre 5 : Accident de Parcours (Partie II)

Depuis quelques jours, Marta se retrouvait à tergiverser, seule, dans les rues de Madrid tel un chien errant se demandant bien où il pourrait passer la nuit. Certes, elle avait un endroit où dormir, mais elle était devenue un bout de paysage dont personne ne se souciait ...
Elle ne regardait même pas les boutiques : elle marchait simplement pour s'aérer l'esprit et oublier tout ce qui pouvait la tracasser, et en particulier, ses désastreuses aventures sentimentales ! Complètement dans son monde intérieure, elle ne se rendait compte de rien de ce qui se passait dans la réalité et soudain, un jeune homme la bouscula violemment, la laissant un ainsi tomber sur le sol goudronné ...
- Mais c'est pas vrai ! C'est quand même pas compliqué de regarder où on met les pieds, cria-t-elle.
- Excusez-moi, balbutia l'individu, qui l'avait brutalement tiré de ses pensées, en lui tendant la main pour l'aider à se relever.
- C'est bon, s'offusqua Marta en esquivant la main qui lui était tendue.
La jeune fille se releva seule, ne cherchant même pas à croiser le regard de ce jeune homme ... Elle
« traça sa route » comme on dit !
Seulement, voilà, elle aurait du le regarder, elle aurait du lui prêter attention, elle aurait du accepter la main qu'il lui tendait, elle aurait du ... Elle aurait du faire tellement de choses ... Pas uniquement pour ses beaux yeux couleur bleu océan, ni pour son intelligence, et encore moins pour sa « belle gueule », mais au moins parce cet étrange individu n'était pas là par hasard : c'était le destin qui l'avait envoyé ... Vous savez, le moment censé bouleversé toute votre vie, et bien ce moment là était venu pour Marta, seulement, elle n'avait pas su le comprendre et l'homme de sa vie venait de lui passer sous le nez ! Peut-être se doutait-elle de cela, mais savait-elle que jamais plus elle ne serait heureuse en amour ? Pas sûr, parce qu'au fond d'elle, la flamme de l'espoir brûlait encore ...

De son côté, Roberto, un peu plus tard dans l'après-midi, réalisa qu'il s'était montré beaucoup plus qu'incompréhensif et se décida à retourner chez Silvia pour lui présenter ses excuses même s'il n'était pas totalement persuadé que s'était à lui de faire le premier pas. Cependant, il savait que Silvia était celle dont il avait besoin à ses côtés et si cela devait passer par des excuses qu'il n'avait pas à fournir, alors il le ferait et ça lui était complètement égal !
En route pour aller se faire pardonner, Roberto tira son portable de sa veste en jean et appela les renseignements pour qu'on lui fournisse le numéro du restaurant le plus chic de la capitale :
« El delicioso », celui où Silvia les avait invité, lui, Pedro, Nacho, Lola et Ingrid quelques semaines plus tôt. Il réserva une table pour deux au nom d' « Arenales » ... Et oui, Roberto n'était pas prêt à faire les choses à moitié !

Une fois devant la porte d'entrée des Jauregui, il manqua de faire demi-tour : quel genre d'homme était-il pour se laisser mener par le bout du nez par une femme ? Cette question ne lui trotta pas bien longtemps dans la tête car à peine eût-il le temps de se la poser que la réponse lui parvint en un éclair : Silvia n'était pas n'importe qu'elle femme, elle était celle que Roberto aimait et celle pour qui il était prêt à faire n'importe quoi ...
Lorsqu'il appuya sur la sonnette, un léger bruit s'échappa de derrière la porte qui s'ouvrit presque instantanément : Silvia se tenait devant lui, et Roberto ne la dérangeait visiblement pas car elle n'était pas en train de danser ... Avait-elle des remords sur ce qui s'était passé un peu plus tôt dans la matinée ? Roberto n'allait pas tarder à le savoir ...

Silvia avait réellement des remords. En effet, même si elle avait continué à danser après le départ précipité de Roberto, elle n'avait pas continué bien longtemps et la fatigue qui se dessinait sur son visage semblait bien plus morale que physique.
Au bout d'un certain temps, deux « je suis désolé » se firent écho, l'un s'excusant d'un manque de compréhension, l'autre essayant de se faire pardonner un égoïsme certain.
Finalement, les deux tourtereaux se tombèrent dans les bras : le soleil brillait à nouveau sur leur histoire, ils ne savaient pas jusque quand ce beau temps durerait, mais ils espéraient ne pas voir le ciel gris et la pluie de si tôt !
- Tu crois que tu peux te libérer ce soir ? demanda Roberto.
- Ce soir ? Pourquoi faire ? s'interrogea Silvia, sceptique.
- Je t'invite au resto ! Enfin si tu as le temps bien sûr !
Silvia ne l'avait pas ce temps là, mais elle voulait se faire pardonner du comportement qu'elle avait eu le matin même et le seul moyen qu'elle avait, c'était d'y aller sans ronchonner !
- Je devrais pouvoir libérer quelques heures dans mon agenda, lança-t-elle un sourire coquin aux lèvres.
Roberto était le plus heureux des hommes : il s'était réconcilié avec celle qu'il aimait, et pour lui, ce soir, s'annonçait la plus belle des soirée ! Et pourtant, il était loin de s'imaginer la terrible tornade qui allait s'abattre sur eux ce soir ...


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# Posté le mercredi 13 septembre 2006 09:39

Chapitre 5 : Accident de Parcours (Partie III)

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Chapitre 5 : Accident de Parcours (Partie III)

Après avoir errer tout le reste de l'après-midi dans Madrid, Marta rentra chez elle. Lorsqu'elle poussa la porte de la maison familiale, elle découvrit ses parents, assis sur le canapé du salon, en train de l'attendre.
- Où étais-tu passée ? demanda sa mère, inquiète.
- J'avais rendez-vous avec une copine, mentie la jeune fille.
- On se fait du soucis pour toi ma chérie, avoua-t-elle en allant rejoindre sa fille pour la serrer dans ses bras.
- J'ai plus trois ans ! râla Marta.
- Ta s½ur a appelé, l'informa son père.
- Ah oui ?
- Nous lui avons parlé de ce qu'il se passe dans ta vie en ce moment ! lui dit sa mère.
- Et elle pense que tu pourrais peut-être la rejoindre à New York pour changer d'air et oublier ce Roberto, enchaîna son père.
- Depuis quand vous vous mêler de ce qui ne vous regarde pas ? dit rageusement la jeune fille.
- C'est pour ton bien ma chérie, continua sa mère.
Marta n'était pas d'humeur à se battre ce soir-là ! Elle ne rechigna pas et au fond d'elle, elle était plutôt heureuse de savoir que sa s½ur se souciait encore d'elle même si une grande distance les séparait l'une de l'autre ...
- Quand est-ce que je peux aller la rejoindre là-bas ? demanda finalement Marta.
- Dès demain si tu veux, lui répondit son père qui savait très bien qu'en restant à Madrid, sa fille ne retrouverai jamais le goût et la joie de vivre.
Marta ne resta pas bien longtemps dans le salon à discuter avec ses parents : la journée l'avait fatiguée et la seule dont elle rêvait s'était de retrouver son bon lit douillet ... La jeune fille regagna alors sa chambre et, avant de se laisser tomber dans les bras de Morphée, sortit une valise de son armoire et y fourra une partie de ses affaires dont elle aurait besoin là où elle allait rejoindre sa s½ur, à New York ...

A Los Angeles, l'heure du déjeuner venait de sonner, et Ingrid émergeait seulement maintenant d'une longue nuit de sommeil dont elle avait eu besoin pour récupérer le retard qu'elle avait accumulé ces derniers temps ...
D'ordinaire, la jeune femme était plutôt énergique et pleine d'entrain au réveil, mais ce matin-là rien n'allait : elle s'était levée du pied gauche, elle s'était coincée le doigt dans la porte en voulant l'ouvrir, elle avait manqué de glisser dans la baignoire et pour couronner le tout, elle avait renversé sa tasse de café chaud sur son nouveau pull en cachemire blanc ! Autant dire que la journée commençait mal ...
Il y avait une raison à cette mauvaise humeur : la veille, elle avait tourné la dernière scène de son film et le tournage avait alors pris fin ! Certes, il restait encore, ce soir, un petit repas entre acteurs, producteurs et réalisateurs pour fêter ça, il restait aussi encore toute la promotion du film, mais Ingrid sentait bien que l'une des plus belles expériences qu'elle avait vécue jusqu'ici avait pris fin la nuit dernière !
Ingrid était consciente qu'en renonçant à la célébrité et au cinéma, elle mettait à la corbeille tous ses espoirs d'être un jour une grande actrice, mais ce n'était pas ce qui importait ! Après tout, il n'y avait pas le cinéma qui donnait le statut de comédienne et ça, Ingrid le savait c'est pourquoi elle avait, quelques jours plutôt, accepté de signer un contrat avec un petit théâtre de Madrid pour lequel elle allait jouer. Bien sûr, elle avait hésité quelques temps avant de prendre la décision de quitter les studios hollywoodiens, loués des centaines de dollars de l'heure, pour les planches d'un petit théâtre de sa ville natale qui lui manquait tout comme ses amis et aussi l'homme qu'elle aimait toujours en secret ! Oui, Juan lui manquait ! Elle l'avait réalisé dès son premier réveil de l'autre côté du pacifique et elle espérait chaque jour un peu plus fort, le retrouver et lui avouer tout ce qu'elle n'avait pas eu le temps de lui dire avant qu'elle ne quitte Madrid et qui était essentiel : elle l'aimait plus que tout !
Mais pour l'instant, la demoiselle se permettait de divaguer alors qu'elle n'en avait pas le temps : elle s'empressa alors d'aller dans la salle de bain pour retirer son vilain pull tout tâcher et l'échanger contre un propre, plus foncé !
En effet, elle n'avait que quelques heures devant elle la robe « parfaite » pour ce soir et lorsque Silvia n'était pas avec elle pour ce genre de chose une virée shopping pouvait vite tournée au cauchemar parce qu'elle ne savait jamais dans quelle boutique allée et encore moins, quelle tenue choisir !
Elle avait jusque-là éviter ce genre de sortie « shopping » en demandant chaque fois à la costumière générale embauchée du tournage des petits conseils, mais cette fois-ci elle avait complètement oublié : ça lui apprendra ...

A Madrid, la nuit venait de tomber et Silvia s'empressait de terminer de se maquiller : la jeune femme avait opté pour un maquillage assez discret qui se limitait à du crayon sur le contour du bas des yeux, à du mascara au bout des cils, et à un léger rouge à lèvres rose perlée, n°67947 de chez Givenchy. Quant à la tenue qui l'habillait, elle était elle, tout aussi discrète : un débardeur léger en dentelle noire, un jean expressément délavé, et des escarpins de la dernière collection printemps-été de chez Dior, parfaitement assortis avec son haut.

Roberto attendait que sa belle soit prête allongé dans le salon un verre d'alcool à la main : c'était « pour se détendre » avait-il dit à Silvia, parce que mine de rien, le macho sûr de lui, était très nerveux en ce qui concernait la soirée à venir ... Il voulait parler à Silvia d'avenir, et il n'était pas tout à fait certain que celle-ci apprécie, mais il allait tenté tout de même tenter le coup pour lui montrer que c'est bien avec elle qu'il a l'intention de faire sa vie !

Finalement, Silvia mis moins de temps à se préparer que ce que Roberto avait pensé et les deux jeunes amoureux arrivèrent à l'heure au restaurant malgré qu'ils aient failli se retrouver au lit bien plus tôt que prévu !
Ils n'eurent pas à attendre leur table : celle-ci avait déjà été dressée, et on les y installa ... Une table qui avait une vue imprenable sur le jardin qui n'avait pas changé depuis qu'ils étaient venus la dernière fois avec leurs amis.
Un silence s'était installé peu à peu, et Silvia scrutait deux amoureux s'embrassant près de la fontaine.
- J'aurai aimé que ça se termine comme ça la dernière fois qu'on est venu avec les copains, avoua Roberto qui regardait dans la même direction que Silvia.
- Je n'étais pas prêtre, lui répondit-elle, impassible.
- Tu l'es maintenant ? la questionna-t-il alors.
- Je n'en sais rien ...
Il y eu à nouveau quelques minutes de silence, puis Roberto posa délicatement sa main sur celle de Silvia avant de lui dire tout ce qu'il ressentait pour elle :
- Je t'aime Silvia, commença-t-il d'une voix douce et sereine. Ca n'a pas toujours été facile entre nous, je sais, mais tu es la femme de ma vie ! C'est avec toi que je veux me marier et avoir des enfants. D'ailleurs, on nous en avait déjà donné l'occasion, mais on n'avait pas su la saisir, et maintenant ...
Silvia ne le laissa pas continuer : elle avait des larmes qui lui coulaient le long des joues ... Elle se leva sans dire un mot puis sortie du restaurant ... Pour l'instant elle ne voulait pas avoir à faire Roberto, elle devait d'abord se calmer, mais celui-ci la rattrapa.
- Qu'est-ce qui se passe lui demanda-t-il sans rien y comprendre.
- Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que tu ressasses cette vieille histoire ? dit-elle en éclatant alors en sanglots. Je sais que j'ai fait une erreur mais je n'étais pas prête ! Tu ne peux pas m'en vouloir !
- Mais je ne t'en veux pas, Silvia ! lui répondit-il en posant sa main sur sa joue.
- Je vois des reproches à chaque fois que tu me regardes. Je sais que tu aurais voulu qu'on ai cet enfant mais j'étais perdue et j'ai fais un faux pas je le reconnais mais tu ne peux pas m'en vouloir Roberto : je faisais mes études, et j'aurai du tout arrêter pour avoir ce bébé, et ça je ne le voulais pas !
Roberto l'écouta sans rien dire.
- Je voulais encore croire que je pourrai vivre dans l'insouciance quelques temps et ne pas à avoir, chaque soir en rentrant chez moi, m'occuper d'un enfant au lieu de sortir et de m'amuser comme tous les autres !
La jeune femme, toujours en pleurs, s'éloigna peu à peu de l'homme qu'elle aimait et finit par s'enfuire ... Finalement, elle n'était pas prête ...
Roberto, lui, resta planter comme un imbécile sans rien faire, sans rien dire : Silvia avait-elle raison ? Lui en voulait-il pour ce qui était survenu en deuxième année ? Au fond de lui, il savait très bien qu'elle n'avait pas tout à fait tort, et rien entre eux ne fonctionnerai tant qu'il continuerai à lui en vouloir et qu'il ne lui pardonnerai pas ...


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# Posté le dimanche 17 septembre 2006 09:05

Chapitre 6 : Compteurs à Zéro (Partie I)

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Chapitre 6 : Compteurs à Zéro (Partie I)

Roberto ne resta pas au restaurant : après tout, il n'allait pas manger, seul, face à une chaise vide là où l'on pouvait déguster les meilleures langoustes de tout le pays !
Il rentra alors à l'appartement ... Nacho était toujours devant la télévision et ne semblait pas l'avoir quitté de toute l'après-midi alors que Lola, elle, écoutait calmement quelques balades italiennes tout en se faisant les ongles de pied.
- T'étais pas censé être au resto avec Silvia ce soir ? demanda Nacho en regardant sa montre.
- Vas-y, s'énerva Roberto. Renfonce-moi le couteau dans la plaie, je ne te dirai rien !
Lola, malgré la musique qu'elle écoutait, perçue l'agitation qui régnait dans l'appartement, sans doute à cause des mauvaises ondes ...
- Qu'est-ce que tu peux être susceptible ! ricana Nacho pour se moquer de son ami.
- Tu veux pas te la fermer espèce de crétin, répondit Roberto du tac o tac en se rapprochant dangereusement de son colocataire, la main armée, prête à frapper.
- Mais ça va pas vous deux ! s'interposa alors Lola entre ses deux amis.
- C'est pas moi qui est pété un câble ! dit Nacho posément, à peine perturbé par la situation.
Roberto aurait bien voulu mettre son poing dans la figure de cet abruti qui l'agaçait et même s'il savait que la violence ne résolvait rien, à ce moment là, Nacho était allé un peu loin !
Ce dernier manqua de peu le coquard noir sur le contour de l'½il. En effet, Roberto fut stoppé dans son élan par la sonnerie de son portable qu'il s'empressa de décrocher pensant que Silvia serait à l'autre bout du fil.
- Silvia ? demanda Roberto en portant son téléphone à son oreille.
- Je ne la connais pas celle là, dit hargneusement son interlocuteur. Mais j'ai sûrement plus de poils aux pattes qu'elle, et je dois sans doute être moins joli !
- Papa ! s'enjoua alors faussement Roberto.
Le jeune homme laissa Lola et Nacho dans le salon pour s'isoler un peu dans sa chambre.
- Je crois qu'il est temps de parler fiston !
- Ah ? Et de quoi ? répondit ironiquement Roberto.
- Du fait que tu as gâché cinq ans de ta vie à faire une école qui ne te serviras jamais.
- Et qu'est-ce qui te fait dire ça ? demanda-t-il agacé.
- Il serait temps de grandir un peu fiston ! La chanson, le cinéma, tout ça, c'est bon que pour ceux qui ont de très bonnes relations dans le milieu !
- C'est mon cas !
- Ah oui ? rigola Victor. Tu es à l'affiche d'un film prochainement ? Tu as sorti un album récemment ?
- Un album oui ! rétorqua Roberto fière de pouvoir clouer le bec à son père.
- J'en ai effectivement entendu parler : 756 exemplaires vendus, c'est ça ?
Roberto, déconcerté par ce que son père semblait visiblement savoir, se résigna à écouter ce que son père avait à lui dire.
- Qu'est-ce que tu veux au juste ?
- Que tu comprennes que tu ne vivras pas longtemps de ça !
- Je suppose que tu me refais une offre de dirigeant dans ton entreprise ?
- Exactement ...
Roberto avait laissé la femme qu'il aimait lui échapper et il en était sûr : elle ne reviendrai pas de si tôt ... Et c'est finalement avec un mélange de désespoir et de regret que le jeune homme céda à la proposition que son père lui avait souvent faite. Après tout, il fallait se rendre à l'évidence : peu de personnes seulement ont la clé d'accès du cercle très fermé du show-business.

Après avoir raccroché, Roberto était resté dans sa chambre, allongé sur son lit à fixer le plafond : des larmes coulaient le long de ses joues ...
Il avait l'impression d'être arrivé à la fin de sa vie et de réaliser qu'il n'avait jamais rien réussi à faire de bien de toute son existence ... Mais tout aurait été plus simple si la mort avait été sur le point de venir le chercher parce qu'il aurait pu recommencer sa vie, ailleurs ... Mais non, là, il allait encore devoir vivre peut-être dix, vingt, trente, quarante, cinquante ou soixante ans encore avec ce sentiment d'échec qui a le don de détruire les quelques notes suffisante d'espoir que chacun peut encore avoir en soi !
Roberto était triste, il se sentait seul et avait l'impression d'avoir pris des années en l'espace de quelques minutes : finalement, ce que son père lui avait demandé au début de leur conversation, Roberto n'avait pas mis beaucoup de temps à le réaliser : son père lui avait demandé de grandir, et il c'est ce qu'il avait fait ...

Lola s'inquiétait de l'état de son ami qui n'avait pas refais surface depuis qu'il avait raccroché de cette mystérieuse conversation téléphonique d'avec son père.
La jeune femme frappa alors à la chambre de celui-ci en entrebâillant légèrement la porte et en demandant bien sûr si elle ne dérangeait pas.
- Non, vas-y entre, concéda Roberto en essuyant ses yeux rougis par le chagrin.
- Qu'est-ce qu'il te voulait ? l'interrogea-t-elle.
- Me proposer une place dans son entreprise !
- Tu as refusé j'espère ?
- Non ...
- Mais qu'est-ce qui t'a pris ? s'offusqua la jeune femme qui ne reconnaissait là plus Roberto.
- Mon père a peut-être raison : il est temps pour moi d'arrêter de rêver et de penser plus sérieusement à l'avenir, avoua-t-il sans grande conviction.
- Tu sais aussi bien que moi que ta place n'est pas dans un bureau, enfermé toute la journée !
- Qu'est-ce que tu voudrais que je fasse d'autre ? demanda-t-il comme vidé de toute énergie.
- Tu as un diplôme de l'école Carmen Arranz, non ? dit-elle violemment pour faire réagir son ami.
- Et alors ? Pour l'instant, c'est pas ce qui m'a permis de me loger et de me nourrir à ce que je sache !
Lola savait bien qu'elle ne parviendrai pas à faire entendre raison à Roberto parce qu'elle savait bien que quelque chose de plus profond qu'un problème de boulot le tenaillait ... D'ailleurs, elle décela son regard mouillé ... Roberto n'était pas du genre à verser des larmes pour un travail qui ne lui plaisait pas ...
- Ca c'est mal passé entre Silvia et toi ? demanda-t-elle timidement.
- Ca a été un vrai fiasco ! soupira-t-il.
- Tant que ça ? sourit Lola pensant que son ami exagérait.
- Je lui ai reparlé de sa fausse couche ...
Lola savait que le terrain sur lequel s'était aventuré Roberto était dangereux ... Et vu l'heure à laquelle il était rentré, la soirée s'était mal passée ... Silvia n'avait apparemment pas apprécié ce léger retour en arrière plutôt douloureux.
- Elle s'est brusquée, lui dit Roberto. Elle m'a dit qu'elle était perdue à ce moment là et que je ne pouvais pas lui en vouloir de ce qui s'était passé !
- Mais tu ne lui reproches rien ? Au contraire, non ?
- Elle m'a dit qu'à chaque fois que je la regardais elle sentait comme des reproches dans mon regard !
- Tu lui en veux pour ce qui s'est passé ? demanda Lola abasourdie.
- Je ne sais pas ... Peut-être, lui dit-il pour être honnête.
- Mais tu ne peux pas lui en vouloir, s'énerva alors la jeune femme. Elle te l'a dit : elle était perdue, elle ne savait pas quoi faire, ni qu'elle solution prendre !
- Je le sais Lola, répondit Roberto en laissant rouler quelques larmes sur son visage. Je le sais !
Lola sentit que Roberto s'en voulait ... Il aimait Silvia mais il était blessé que celle-ci ne lui ai pas fait confiance quelques années plus tôt, et c'est ce qu'il pouvait s'empêcher de lui reprocher à chaque fois ...
La jeune femme pris son ami dans ses bras et tenta de le réconforter, mais elle savait bien que les bras qu'il aurait voulu pour pouvoir se laisser aller entièrement étaient ceux de Silvia. Cependant, Roberto versa toutes les larmes qu'il avaient en lui ... Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas pleurer autant ... Ca lui faisait du bien ...



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# Posté le vendredi 22 septembre 2006 14:36

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~ Coups de Coeur ~

J'avais envie de faire un petit article sur mes coups de coeur du moment ... Et ça commence par une merveilleuse fic, qui m'a un peu donné l'idée de cet article je l'avoue, et qui n'est autre que
Fic-Undostren09. Je dois avouer que je me suis régalée à lire son histoire pleine en rebondissements ... Alors j'espère voir encore longtemps des suites sur ce blog très sympathique ! Et comme le dit si bien notre société de consommation aujourd'hui, "c'est satisfait ou remboursé !"

Sinon une autre charmante petite suite c'est celle de Pauline, alias Monica-Cruz07. Une fic que je suis depuis bien longtemps sur le forum de Monica Cruz et surtout une suite que j'apprécie énormément avec un style digne des plus grands romanciers ... Son blog a dépassé les frontières françaises et fait déjà des apdeptes en Espagne, ça ne m'empêche pas qu'il faut continuer à l'encourager ... Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous encourage à cliquer vite fait sur le lien ... C'est peut-être long à lire pour tout rattraper mais je vous assure ce ne sera pas du temps perdu !

~ Pubs ~

Et biensûr, le titre de cet article porte aussi le nom de "Pubs" alors n'hésitez pas à laisser l'adresse de vos blogs ... Je passerai y faire un tour, c'est promis ! Et qui sait, si j'ai un coup de coeur il se pourrait bien que votre blog fasse parti du prochain volet des coups de coeur ...

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En ce qui concerne la suite de ma fic, elle arrive très bientôt : ce week-end au plus tard !

# Posté le mercredi 27 septembre 2006 17:02