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Elle voulue s'étirer pour dégourdir ses membres endoloris, mais un homme somnolant à ses côtés l'en empêcha. Sur le coup, le réflexe d'Ingrid fut d'envelopper son corps nu dans le drap qu'elle tira brusquement : prise de panique, la jeune femme fut incapable de se souvenir de ce qui c'était passé la veille au soir ... Cependant, après avoir repris ses esprits, quelques minutes plus tard, Ingrid se remémora sa dernière nuit aux Etats-Unis.
Elle était partie à cette soirée de fin de tournage, et au moment de faire ses adieux, John, son partenaire dans le film, lui avait proposé un « dernier verre ». Ingrid avait gentiment accepté et lorsqu'il la raccompagna un peu plus tard à la porte de chez elle, le jeune homme lui avait sauté dessus. La demoiselle n'avait jamais renié son attirance physique pour le corps de ce bel étalon et ce soir-là avait été l'occasion, pour elle comme pour lui, de répondre à un certain besoin naturel auquel tous deux n'avaient, depuis quelques temps, pas satisfait.
Finalement, Ingrid se détendit et lâcha le drap qu'elle serrait oppressivement contre sa poitrine . Elle regarda John dormir paisiblement puis se recoucha tranquillement en posant sa tête sur le torse de sa conquête d'un soir. Elle se sentait bien, du moins, jusqu'à ce que le visage de Juan vint la hanter ... Elle ne put alors s'empêcher de s'agiter dans tous les sens, se réveillant ainsi définitivement et perturbant, en même temps, le sommeil de son amant. Celui-ci ne lui en voulu pas : il n'ouvrit qu'un seul ½il et lui lança de sa voix charmeuse un « Salut » peu commun auquel Ingrid répondit par un sourire plutôt crispé.
- Bien dormi ? demanda-t-elle.
- Comme un bébé ...
Il laissa passer un moment puis repris la parole.
- C'était génial hier soir, lui dit-il en lui caressant son sein.
- Je me suis bien amusée, ajouta-t-elle avant de se lever et de se précipiter dans la salle de bain.
Ingrid regarda l'heure et réalisa que son vol était dans moins de dix heures. Elle s'empressa alors d'enfiler un peignoir, puis se dirigea dans la cuisine où John, vêtu d'un simple caleçon, avait déjà pris ses aises !
- Bacon et ½ufs brouillés, ça te va ? demanda-t-il en ouvrant les placards pour trouver une poêle.
- Oui, lui répondit-elle en lui ouvrant le placard qu'il cherchait.
- Merci !
John ouvrit le frigo pour prendre ce dont il avait besoin pour préparer le petit-déjeuner lorsqu'il se rappela qu'Ingrid partait le soir même et que le réfrigérateur ne contenait plus grand chose.
- C'est vrai, tu pars ce soir !
- Oui, l'avion décolle à 20h ...
Le jeune homme, ne pouvant finalement pas faire son bacon et ses ½ufs brouillés, opta pour des beignets tartinés avec la typique « sour cream » américaine.
Ils prirent leur petit déjeuner accompagné d'un grand bol de caféine puis Ingrid proposa à son ami de passer la journée ensemble ...
- J'ai pas vraiment envie de passer cette dernière journée toute seule, tu comprends ?
- Surtout que tu as besoin d'un homme fort pour terminer les derniers cartons, c'est ça ? demanda-t-il en rigolant.
- Exactement ...
La belle rousse appréciait la relation qu'elle entretenait avec John : il n'y avait là aucune ambiguïté car tous deux savaient très bien que ce qu'ils vivaient n'était qu'une simple et banale « histoire de cul » qui ne laissait jamais l'occasion, à l'un ou à l'autre, de se prendre la tête ...
Les deux amis, et amants de quelques soirs de temps en temps, passèrent donc le reste de la journée ensemble. En effet, ils avaient terminé les quelques cartons qu'ils restaient à faire, puis ils étaient allés à la plage, sur la mythique « Venice Beach » ... John voulait offrir une magnifique dernière journée à Ingrid, une journée que jamais elle n'oublierait ...
Finalement, le moment de se dire au revoir arriva ... A 19h30, John l'avait accompagné à l'aéroport et il s'apprêtait à lui faire, une fois pour toute, ses adieux ...
- Reviens nous voir de temps en temps, demanda le jeune homme.
- Tu peux aussi venir à Madrid, dit-elle en lui lançant un regard coquin ...
Peu de temps après, on annonça l'embarquement immédiat pour le vol à destination de la capitale espagnole : Ingrid serra alors John contre elle et l'embrassa une dernière avant de s'en aller ... Contrairement à ce qu'elle aurait pensé, elle n'était pas triste ... Elle quittait un bon ami, qu'elle ne reverrait peut-être jamais, mais elle se réjouissait déjà de retrouver Lola qui devait venir la récupérer à l'aéroport où elle atterrirait ...
Après s'être fait consolé par Lola, Roberto était resté seul dans sa chambre : il n'avait pas tardé à trouver le sommeil car la fatigue l'avait emporté sur le malaise qu'il ressentait.
Le lendemain matin, il se réveilla de bonne heure : son père l'attendait à 9h30 dans son bureau pour un contrat, qu'il avait une grande firme japonaise, dont il voulait discuter avec son fils.
Il pris une douche plutôt longue lui permettant ainsi de se réveiller tranquillement et de se sentir prêt à attaquer cette nouvelle journée ... Il alla ensuite à la cuisine puis se prépara une tasse de café lorsque Lola, réveillée par le bruit, le rejoignit.
- Je t'ai réveillé ... Je suis désolé, dit Roberto peiné en voyant Lola dans le brouillard.
- C'est pas grave, lui répondit-elle en se frottant les yeux pour y voir un peu plus clair.
D'ailleurs, elle fût surprise de voir Roberto déjà habillé, et en costard en plus !
- Où tu vas comme ça ? demanda-t-elle peu habituée à voir son ami porter ce genre de vêtements.
- J'ai rendez-vous avec mon père dans une heure, il veut me parler d'un des contrats sur lesquels il travaille en ce moment !
- Tu n'as pas changé d'avis alors ?
- Non, pourquoi ? Tu t'attendais à ce que je le fasse ?
- Je ne sais pas, répondit la jeune femme qui avait peur de plus reconnaître son ami.
- J'ai besoin de changer un peu d'air, de me prouver que je peux faire autre chose !
- Je comprends, ajouta-t-elle.
Au fond d'elle, Lola ne comprenait pas : elle savait que Roberto n'était fait que pour un seul métier, celui d'artiste ... Elle avait beau se convaincre qu'il avait accepté ce travail pour se connaître davantage, elle était persuadée que celui-ci était sur la mauvaise piste et qu'il n'allait pas tarder à s'en rendre compte, du moins elle l'espérait ...
Près de trois quarts d'heures plus tard, Roberto poussa la porte de la « Arenales Empresa ». Il y était déjà venu lorsqu'il était plus petit, mais il en gardait un souvenir plutôt vague, et depuis, elle avait du y avoir du changement ...
En effet, lorsqu'il entra dans le hall, une immense réception occupait quasiment toute la place. Il s'en approcha timidement et demanda à l'une des trois jeunes femmes qui se tenait l'accueil le bureau de son père ... On avait du leur faire des recommandations car lorsque Roberto s'en alla, la charmante secrétaire lui répondit « Bonne journée monsieur Arenales », elle avait visiblement entendu parler de son arrivée dans l'entreprise aujourd'hui ...
Roberto pris la direction que la jeune femme lui avait indiqué : il tourna au fond du couloir à gauche pour prendre l'ascenseur et monter au dernier étage où quelqu'un l'attendrait.
Effectivement, une demoiselle d'une vingtaine d'année guettait l'ouverture des portes. Lorsque Roberto sortit de l'ascenceur, elle s'approcha de lui puis lui tendit sa main :
- Raquel, se présenta-t-elle. Vous devez être Roberto ?
- Oui, enchanté !
La jeune femme lui sourit puis lui proposa de rejoindre son père dans la salle de réunion avant d'emboîter le pas jusqu'à la pièce en question. Arrivée devant la porte, Raquel laissa passer Roberto devant elle avant de le suivre et de refermer la porte derrière elle.
- Fiston ! s'enjoua Victor en venant le prendre grossièrement dans ses bras. Tu as déjà fait la connaissance de Raquel, elle sera ta secrétaire personnelle ... N'hésite pas à lui demander de l'aide si tu as besoin !
- Merci, répondit Roberto en se tournant vers la jeune femme dont son père venait de lui parler.
D'une certaine façon, Roberto était heureux de retrouver son père mais il préférai ne pas le montrer : il avait l'impression de redevenir un enfant et en cette période difficile il appréciait d'avoir ses parents à portée de main ...
- Raquel va te montrer ton futur bureau, ajouta-t-il avant de signé un papier que lui tendait un de ses employés. On se voit plus tard pour discuter du dossier dont je voulais te parler.
La jeune femme emboîta à nouveau le pas pour montrer le chemin et ils sortirent de la salle de réunion pour se rendre dans l'aile adjacente. Encore une fois, avant d'entrer dans la pièce, Raquel laissa passer le jeune homme qui l'accompagnait et dont elle devait servir de guide pour les premières heures.
Roberto entra dans un bureau qui lui semblait bien trop grand pour lui seul : il n'étoufferai jamais dans un endroit pareil, il n'y sentirai aucune impression d'étouffement non plus ... En plus d'être vaste, la pièce était ajourée de larges baies vitrées qui permettait une vue imprenable sur Madrid à 180 degrés.
Lorsque Lola lui avait dit que jamais il ne tiendrai longtemps enfermé dans une pièce il l'avait cru, du moins il pensait comme elle. Cependant, ce qui l'entourait était d'un tel luxe et d'une spaciosité conséquente que Roberto se voyait bien y travailler jusqu'à la retraite ...
A la fin de la journée, Roberto rentra à l'appartement : il était nerveux, tendu et énervé ... Il avait l'habitude de se dépenser sans compter pendant des heures et il allait devoir s'adapter à cette nouvelle forme de travail, plus intellectuelle que physique. Pour ne pas trop le déstabiliser, Victor l'avait chargé, le lendemain matin, d'aller récupérer quelques uns de ses investisseurs venant de la capitale japonaise à l'aéroport ... Il trouvait se travail plutôt plaisant finalement ... Rencontrer des gens des quatre coins du monde devait être réellement enrichissant ... Mais l'était-ce autant que le métier d'artiste qui permet de se découvrir un peu plus à chaque nouvelle émotion ressentie et partagée ? Rien en était moins sûr ... Mais ce qu'il y avait de plus important pour le moment, c'était le moral de Roberto, tombé bien bas la veille, mais qui s'apprêtait à de nouveau grimper en flèche ...
Lola, très curieuse, ne pût s'empêcher de demander à son ami ses premières impressions sur cette nouvelle vocations.
- Alors ? C'était comment ? demanda-t-elle en rejoignant son ami.
- Contrairement à ce que j'aurai pensé, c'est plutôt pas mal !
- Comment ça ?
- C'est vraiment plaisant d'avoir bureau pour soi et de pouvoir regarder Madrid à longueur de journée. Ca donne l'occasion de réfléchir !
- Quoi ? lança la jeune fille qui n'en revenait pas. T'as la vue sur Madrid ?
- Oui ! répondit Roberto en rigolant. C'est tellement luxueux ... On se croirait dans un trois étoiles parisien !
- Tant que ça ?
- Oh oui ... Mais tu n'auras venir voir ça un jour ! lui proposa-t-il.
- T'as intérêt de me montrer tout ça ! plaisanta Lola.
La jeune fille sentait son ami à l'aise dans ses baskets comme se n'était pas le cas la veille. Soudain une question lui traversa l'esprit :
- Tu as des nouvelles de Silvia ?
- Non, dit-il avec un certain pincement au c½ur.
- J'ai essayé de l'appeler aujourd'hui, mais elle n'a pas répondu. Je devrais peut-être passer la voir ...
- Personnellement, je ne pense pas, soupira le jeune homme. Elle a besoin d'être un peu seule en ce moment je pense !
- Tu crois ?
- J'ai l'impression de l'avoir étouffée et maintenant elle doit avoir besoin d'air ...
- Ne raconte pas n'importe quoi ...
Roberto ne voulait pas continuer la conversation, il préférait en rester là : il avait passer une journée plutôt agréable et ne voulais pas la gâcher.
- Je vais courir un peu, j'ai besoin de m'aérer un peu ! dit le jeune homme avant de gagner sa chambre et d'enfiler rapidement un vieux survêtement pour aller courir.
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