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Chapitre 1 : Adieux (Partie III)

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Chapitre 1 : Adieux (Partie III)

Quant à Roberto et Silvia, ils avaient maintenant rejoint un bar près de l'école : ils avaient commandé leur boisson et Silvia était allée dans les toilettes pour se repoudrer le nez.
Roberto, lui, attendait en se repassant le film de sa journée : la cérémonie du matin, l'enterrement de l'après-midi et la sortie, à peine commencée, de la soirée ... Il avait beau utiliser tous les angles de vues possibles, à aucun instant il avait vu Silvia faiblir : comment faisait-elle pour rester si forte se demanda-t-il ? La seule possibilité qui lui vint à l'esprit était que Silvia n'avait pas encore réaliser ce qui s'était passé mais il trouvait tout de même cela étrange : il savait son amie discrète sur ses sentiments et ses émotions, mais à ce point-là, il en doutait. En réfléchissant, il avait perdu l'espace d'un instant la notion de temps, d'ailleurs, en l'espace de cet instant c'était déjà écoulé plus d'une dizaines de minutes depuis que Silvia était partie aux toilettes ... Il commença à se faire du soucis mais attendit encore quatre à cinq minutes : ne la voyant pas revenir, il alla voir si tout allait bien ... En entrant dans les toilettes miteux du bar, dans lesquelles on pouvait apercevoir du papier hygiénique un peu partout, il trouva Silvia, assise par terre, adossée à un mur, en pleurs. Il était soulagé : elle avait enfin craqué ... Enfin c'est ce qu'il croyait, c'est pourquoi il fut surpris par ce que répondit Silvia à son regard insistant.
- Je suis un monstre, Roberto, dit-elle en éclatant en sanglots.
- Qu'est-ce que tu racontes ? demanda-t-il en s'agenouillant auprès d'elle.
- Je suis un monstre, répéta-t-elle avec entêtement.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce que c'est la réalité, dit-elle. Ca ne me fait rien que mon père soit mort ... Rien ... Rien, répéta-t-elle encore et toujours.
- Tu ne le voyais jamais, c'est normal qu'il ne te manque pas, ajouta Roberto.
- Tu trouves ça normal une fille qui ne pleure pas à la mort de son père !
- Ne te mets pas dans des états pareils, lui dit-il en la serrant fort dans ses bras.
- Je suis un monstre, continua-t-elle.
- Tais-toi, ajouta-t-il. Tu racontes des bêtises ...
Silvia obéit et resta quelques instants blottit contre Roberto. Elle se sentait si bien ... Au bout d'un certain temps, celui-ci la vit sourire.
- Qu'est-ce qui te fait rire ? demanda Roberto
- Tu crois vraiment que Marta ne va pas mal le prendre si tu lui racontes en détail ce qui s'est passé ?
- Même si je lui dit que je suis allé voir mes parents, elle va mal le prendre, dit-il en se relevant puis en tendant sa main vers Silvia pour qu'elle fasse pareil.
- Elle est si possessive ? l'interrogea-t-elle en attrapant sa main pour se relever.
- Et encore, ça c'est rien ! ajouta-t-il en souriant.
Les deux amis retournèrent s'asseoir à leur table où leur boisson leurs avaient été servies ... Ils discutèrent encore longuement et essayèrent tant bien que mal de rattraper le temps qu'ils avaient perdu à l'entretien de leur amitié, avant que Roberto ne raccompagne Silvia chez elle ...

A Lax Airport, l'aéroport de Los Angeles, Ingrid et Pedro scrutaient le panneau d'affichage qui annonçait les prochains départs : pour le moment, aucun vol n'allait à Madrid, ni même en Espagne d'ailleurs ... Leur retour là-bas s'avérait donc déjà difficile ...
Au bout d'une demi-heure d'attente, Pedro vit enfin s'apparaître en lettres jaunes sur fond noir la destination qu'ils attendaient : Madrid ... Ils se dirigèrent alors en courant vers le guichet de la compagnie qui assurait le vol : ils ne lésinèrent pas sur les places qu'ils prirent puisqu'ils s'étaient accordés deux places en première classe, classe qui offrait du champagne à volonté et des oreillers ainsi qu'une couverture bien plus confortables qu'en économique ...
C'est finalement à deux heures du matin que leur avion décollèrent de la piste : Ingrid était presque euphorique à l'idée de revoir sa Lola même si elle n'y allait pas pour d'autres raisons qu'elle aurait préféré alors que Pedro, qui avait travaillé toute la journée, s'assoupit sans trop tarder.
- Tu vas quand même pas dormir ? dit Ingrid en secouant Pedro.
- Et pourquoi ? demanda Pedro en n'ouvrant qu'un seul ½il.
- J'ai besoin de parler moi ! Je vais revoir ma Lola et je suis toute excitée ... Je vais jamais pouvoir dormir !
- Et bien tu devrais essayer parce que sinon, quand on arrivera demain matin, tu tomberas de sommeil ! annonça Pedro en fermant à nouveau son ½il.
- Aller Pedro ! supplia la jeune fille. Tu as toute la vie pour dormir ...
- C'est vrai mais là je suis crevé !
- Quel rabat-joie ! s'exclama Ingrid.
- Bon ça va ! dit Pedro en ouvrant maintenant grand ses yeux et se réinstallant confortablement dans son fauteuil. De quoi tu veux parler ?
- Qu'est-ce qu'on va dire à Silvia ?
- Tout ce que tu veux, lui répondit-il. Sauf lui présenter toutes tes condoléances !
- Pourquoi ? C'est généralement ce qu'on dit dans ces cas là ! ajouta la rousse.
- Justement Ingrid ! Elle a du entendre ça toute la journée ... Et à mon avis elle mérite bien mieux que la formule habituelle de la part de ses amis ! dit Pedro
- Bien sûr, mais qu'est-ce que tu veux lui dise sinon ? On va pas lui demander comment elle va ! On sait très bien que ça ne peut qu'aller mal !
- Tu as entendu ce que qu'a dit Lola ? s'interrogea le jeune homme. Ca n'a l'air de faire ni chaud ni froid à Silvia toute cette histoire !
- Oui, s'avoua finalement Ingrid. Apparemment Lola le prend bien plus mal alors qu'elle ne le connaissait même pas !
- Ca a du lui rappeler de mauvais souvenirs ... dit-il tristement.
- Ca doit quand même être dur de perdre sa mère si jeune ! Je crois que je préfère voir ma mère folle plutôt que de la voir enterré six pieds sous terre, s'exclama ironiquement la jeune femme.
- Heureusement que son père était là ... Je crois que jamais un père a autant été là pour sa fille !
- C'est vrai que comparé à Silvia, dit timidement Ingrid.
- Elle ne l'a jamais vraiment vu ! C'est peut-être d'ailleurs pour ça que sa mort ne lui fait rien : c'était un étranger pour elle ... Tu crois que tu pleurerai la mort du voisin du compagnon de chambre de ta mère ?
- Non, bien sûr, répondit-elle en souriant. Mais je sais pas, ça me ferai quand même bizarre je crois ...
- Oui, mais en plus de n'éprouver aucun sentiment à l'égard de son père, elle n'a jamais beaucoup montré ce qu'elle ressentait, surtout en public !
- Tu as raison, ajouta-t-elle ... J'espère simplement qu'elle ne cache pas ce qu'elle ressent ou bien alors elle finirai vraiment pas aller mal et ...
Ingrid n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'elle entendait déjà Pedro ronfler ... Elle soupira en même temps qu'elle esquissa un sourire : le surnom que le tout Hollywood donnait à Pedro, à savoir le dormeur, était donc bien vrai ...
Malgré l'excitation qui la guettait et sa non envie de dormir, Ingrid finit tout de même par fermer les yeux et sombrer dans un profond sommeil tout comme celui qui était à côté d'elle ...

Pendant ce temps, Roberto raccompagnait Silvia chez elle ... Celle-ci en arrivant aurait voulu courir se réfugier dans son lit même si elle savait qu'elle n'y trouverai pas le sommeil. Cependant, par politesse, elle fit entrer son ami quelques instants ? lui fit visiter puis lui proposa à boire ce que bien sûr il ne refusa pas ! Elle descendit alors à la cave chercher une bouteille ...
- Qu'est-ce que tu veux boire ? demanda-t-elle à Roberto qui l'avait suivit.
- N'importe, répondit-il en s'approchant dangereusement d'elle.
- Le vin le plus récent qu'on peut trouver ici a au moins vingt ans d'âge ! s'exclama-t-elle en examinant attentivement la plupart des étiquettes des bouteilles.
- Silvia, dit Roberto lui mettant ses bras autour de la taille. Je ...
- Qu'est-ce que tu fais ? s'interrogea la jeune fille, qui l'avait interrompu, en se retournant violemment.
- Laisse moi parler s'il te plait, lui demanda-t-il en posant son doigt sur sa bouche.
Celle-ci lui donna son accord en secouant légèrement la tête.
- Jusque là j'ai essayé de te chasser de mes idées et j'y arrivais plutôt bien, dit Roberto en la regardant dans les yeux. Mais je sais pas pourquoi, depuis ce matin tu occupes mes pensées et je crois que je ne pourrai jamais plus m'en défaire !
Silvia ne savait pas quoi lui répondre ou bien si, mais elle savait qu'en lui disant elle le blesserai : elle décida alors de rester silencieuse ...
- Silvia, je crois que je n'ai jamais réussit à t'oublier ! dit-il en baissant la tête.
Il regardait alors le sol ... Il avait l'impression de s'enfoncer dans le plancher : il avait peur de couler et de ne plus jamais pouvoir remonter à la surface. Il s'était lui aussi enfermé dans un silence : un silence pesant !
Silvia sentit qu'un froid s'était installé, mais elle ne voulait pas qu'il s'implante définitivement c'est pourquoi elle tenta de briser la sorte de mutisme dans lequel chacun s'était maintenant enfermer.
- Ecoute Roberto, commença-t-elle. J'ai trop souffert et je ne veux pas que ça recommence ... Et honnêtement je ne crois pas que nous deux ça puisse marcher : on a essayer, mais ...
- Mais quoi ? lui dit-il en la regardant avec des airs de chien battu. Il y a eu cet incident qui nous a séparé ...
Silvia sentait que si Roberto continuait sur cette voix il réussirait à la convaincre, elle tenta alors de l'en détourner.
- Et Marta, continua-t-elle. Tu y a pensé ?
- Ca fait longtemps qu'elle et moi c'est plus comme avant : je reste avec elle parce que j'ai peur de sa réaction si je lui annonçait que je la quittait mais je sais qu'il faudra qu'un jour je lui dise et que je me rende à l'évidence que ce n'est pas elle la femme de ma vie mais ...
Elle savait ce qu'il allait dire et baissa sa tête avant de la relever pour tenter de reprendre le dessus.
- Et qu'est-ce que tu en sais que c'est moi ?
- Je sais en tout cas que ce n'est pas Marta ! lui répondit Roberto. Ca vaut bien la peine d'essayer avec toi Silvia ...
- Je suis désolée, Roberto, ajouta-t-elle. Mais pour l'instant je ne peux pas : ma vie est en train de changer et je ne veux pas prendre le risque de nous faire plus de mal que ce qu'on s'est déjà fait !
- Je n'ai pas l'intention de profiter des moments que tu es en train de passer et de ta faiblesse pour arriver à mes fins, lui dit-il en l'embrassant tendrement sur la joue. Je sais qu'on nous donnera une autre chance ... Il le faut !
- J'ai surtout besoin d'un ami pour l'instant, Roberto ! répondit-elle en prenant une bouteille au hasard. Et j'ai trouvé en toi la personne idéale alors je ne veux pas que tu te raccroches à de faux espoirs et que ...
- Je serai toujours la pour toi ! lui dit-il en lui prenant la bouteille des mains.
Silvia lui sourit et lui déposa un doux baiser sur la joue
- Merci, ajouta-t-elle avant de remonter au salon avec Roberto.

Lola et Nacho était maintenant partis se coucher et ce dernier ne tarda pas à s'endormir. Lola, quant à elle, n'arrêtait pas se retourner dans son lit et de peur de réveiller celui qui dormait à ses côtés elle se leva pour aller dans la cuisine : elle se dirigea vers le frigo, l'ouvrit, en sortit une bouteille de lait puis s'assit sur le plan de travail pour en avaler quelques gorgées. Elle se demandait ce que pouvait bien faire Ingrid et Pedro maintenant : elle prit son portable, puis composa le numéro de son amie ... Personne ne répondit : elle tomba directement sur le répondeur ... Elle aurait préféré jamais se l'imaginer mais il était trop tard : l'image de Pedro dans les bras de la belle rousse envahissait déjà son esprit ... Elle avait un léger pincement au c½ur : après tout, sa relation avec Pedro était réellement terminée, mais sa meilleure amie avait-elle pour autant le droit de prendre sa place dans le c½ur de cette future star hollywoodienne ?
Des tas d'images lui traversaient maintenant la tête et fusionnaient ... Elle n'arrivait déjà pas à dormir, mais là, elle savait que plus aucune tentative ne fonctionnerai ...



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# Posté le mercredi 28 juin 2006 11:28

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